Check – Ingénieur IA

Témoignage Check-Ingénieur IA - ATLANSE
Témoignage Check-Ingénieur IA - ATLANSE

L’ingénieur IA se situe généralement à l’interface entre l‘ingénierie logicielle et les systèmes utilisant des modèles d’Intelligence Artificielle.

Alors que le Data Scientist se concentre principalement sur l’analyse des données, l’expérimentation et la création de modèles, et que le Data Engineer conçoit les pipelines de données (collecte, stockage, transformation et mise à disposition des données), l’ingénieur IA intervient davantage au moment où ces modèles doivent être intégrés dans une application réelle.

Son rôle consiste à transformer un modèle d’IA en fonctionnalité utilisable dans un logiciel ou un service. Il travaille notamment sur l’intégration technique des modèles, leur mise en production, l’optimisation des performances et leur interaction avec le reste du système d’information.

Quelles sont tes missions principales ?

Mes missions couvrent généralement tout le cycle de vie d’un système basé sur l’IA, depuis la préparation des données jusqu’à l’intégration du modèle dans une application utilisée en production.


Concrètement, cela consiste notamment à :

  • concevoir et développer des systèmes intégrant des modèles d’IA ;
  • préparer et transformer les données utilisées par les modèles ;
  • entraîner, tester et évaluer les modèles de machine learning ;
  • intégrer les modèles dans des applications ou des services (API, microservices, pipelines) ;
  • mettre en place des pipelines d’entraînement et de déploiement (MLOps) ;
  • surveiller les performances des modèles en production et améliorer leur robustesse.

Quelles technologies / quels outils utilises-tu au quotidien ?

Les technologies utilisées peuvent varier selon les projets, mais on retrouve généralement un socle d’outils assez standard dans les projets d’IA.

  • Langage : Python principalement, qui est devenu la référence pour le développement de modèles et d’applications d’intelligence artificielle.
  • Bases de données / requêtes : SQL – utilisé pour interroger, extraire et manipuler les données stockées dans les bases.
  • Frameworks Machine Learning : TensorFlow, PyTorch, scikit-learn, LightGBM – permettent d’entraîner et d’évaluer des modèles de prédiction, de classification ou d’analyse d’images.
  • Outils de traitement de données : Pandas, NumPy, Spark – utilisés pour nettoyer, transformer et analyser les jeux de données notamment lorsqu’ils sont volumineux.
  • MLOps et déploiement : Docker, Kubernetes, MLflow, Vertex AI, CI/CD – servent à industrialiser les modèles, gérer les versions et automatiser leur mise en production.
  • Stockage des données : BigQuery, PostgreSQL, formats Parquet – utilisés pour stocker et exploiter les données et les résultats des traitements.
  • Frameworks IA générative / LLM : LangChain, LangGraph, modèles open source ou API d’IA – permettent de construire des applications qui utilisent des modèles de langage pour comprendre, rechercher ou générer du texte.

Peux-tu donner un exemple concret de projet IA et quel a été ton rôle sur ce projet ?

Par exemple, j’ai travaillé sur un projet de prévision de flux de passagers dans des aéroports.
L’objectif était de prédire le nombre de passagers arrivant aux contrôles de sécurité à différents moments de la journée afin d’optimiser les ressources opérationnelles : nombre d’agents aux contrôles, ouverture de files supplémentaires, gestion des pics d’affluence. Pour cela, le système utilisait plusieurs types de données : horaires de vols, retards, historiques de fréquentation, saisonnalité ou encore événements particuliers.

Mon rôle consistait notamment à :

  • concevoir les pipelines de données permettant de collecter et de structurer les informations issues des systèmes de gestion des vols ;
  • développer et entraîner des modèles de machine learning capables d’estimer le nombre de passagers attendus sur des créneaux de 15 ou 30 minutes;
  • construire les pipelines d’entraînement et de déploiement du modèle afin d’automatiser les mises à jour et les mises en production ;
  • suivre les performances du modèle en production en comparant les prévisions avec les flux réels et en ajustant le modèle si nécessaire.

Comment mesure-t-on le succès d’un projet IA ?

Le succès d’un projet d’IA se mesure à plusieurs niveaux.

Le premier niveau, c’est la performance du modèle. On regarde les métriques comme la précision, le rappel, le F1-score ou, dans le cas d’un modèle de prévision, le niveau d’erreur. Ces indicateurs permettent de vérifier si le modèle produit des résultats fiables sur la tâche attendue qu’il s’agisse de classer une information, prévoir une situation future, détecter des anomalies ou recommander l’action la plus pertinente.

Le deuxième niveau, c’est l’impact métier réel. Un projet d’IA est réussi s’il améliore concrètement un processus : est-ce qu’il permet d’anticiper une situation, de réduire un temps de traitement, de fiabiliser une décision ou d’aider les équipes à traiter un volume plus important dans de bonnes conditions ? A ce stade, on ne mesure plus seulement la performance algorithmique mais surtout la valeur d’usage qu’il apporte.

Le troisième niveau concerne la robustesse du système en production. Un système d’IA doit rester fiable dans le temps, pouvoir être maintenu et ajusté et continuer à produire des résultats pertinents. Or ses performances peuvent évoluer : les données changent, de nouveaux cas métier apparaissent et les usages évoluent par rapport au cadre initial du projet. Cela suppose de mettre en place un suivi régulier des performances, comparer les prédictions aux résultats observés, détecter d’éventuelles dérives et réentraîner le modèle lorsque cela devient nécessaire.

Enfin, il y a l’adoption par les utilisateurs. Un bon modèle ne sert à rien s’il n’est pas compris, utilisé ou intégré dans les pratiques. Le succès se mesure donc aussi à la capacité des équipes à se l’approprier, à lui faire confiance et à l’utiliser réellement dans leur quotidien.

L’IA est-elle vraiment utile dans tous les projets ? Pourquoi ?

Non, l’IA n’est pas utile dans tous les projets et c’est justement un point important à rappeler. L’IA devient pertinente lorsque les approches classiques montrent leurs limites : par exemple lorsqu’il faut faire de la prédiction à partir de données historiques, détecter des signaux faibles ou des anomalies, classer automatiquement des contenus, ou encore exploiter des données non structurées comme du texte, des images ou de gros volumes d’informations difficiles à traiter manuellement.

D’après mon expérience, l’IA crée de la valeur lorsqu’il y a de la variabilité, de la volumétrie ou une part d’incertitude que des règles fixes ne permettent pas de gérer correctement. C’est souvent là que le machine learning ou les modèles plus avancés apportent un vrai complément.
En réalité, la question n’est pas de savoir s’il faut « mettre de l’IA » mais plutôt de se demander si l’IA est le bon niveau de réponse pour le problème posé. Un projet d’IA n’a de sens que s’il apporte un gain réel, mesurable et durable.

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